Comment aimer grand avec l’IA
Dans notre quête pour comprendre l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur notre mode de vieillir, nous avons déjà exploré quatre de ses cinq piliers. Nous nous attaquons aujourd’hui au dernier, et non des moindres: le pilier de la « Connexion ».
Avec l’entame par le pilier “Adaptation”, nous avons mis l’accent sur l’IA comme un “complément” et non pas un substitut à notre humanité. Nous avons pu ensuite envisager le pilier “Alimentation” sous l’angle de la “personnalisation”, le pilier “Mouvement” sous celui de la “formation d’habitudes” et le pilier “Résilience” sous celui du “contrôle exécutif”.
Comment allons-nous approcher les potentialités de l’IA pour la “Connexion”? Quels sont les aspects qui nous paraissent les plus significatifs dans ce domaine?
Faisons un bref rappel des contours de ce pilier afin d’en mieux préparer l’exploration. Souvenons-nous de sa formule: “Aimer grand”.
“Aimer grand” exprime à la fois la connexion horizontale et la connexion verticale. La connexion horizontale concerne notre relation avec les autres, notre capacité à aimer et à être aimé, à tisser des liens forts et à soutenir notre entourage. La connexion verticale, elle, fait référence à notre aspiration à nous connecter à quelque chose de plus grand que nous, à atteindre des objectifs ambitieux et à grandir spirituellement, notre but dans la vie.
Nous sommes convaincus que pour que la « Connexion » ait un réel impact sur notre capacité à bien vieillir, il est nécessaire d’intégrer davantage la dimension spirituelle de l’expérience humaine dans nos relations sociales. Pour transcender la dichotomie entre l’individu et le groupe, il est essentiel de prendre soin de soi tout en étant attentif aux autres et à notre environnement.
De nouvelles cibles d’intervention, comme l’activité utile, sont nécessaires pour aller au-delà du simple aspect quantitatif du réseau social et promouvoir une véritable connexion sociale chez les seniors. Pour les personnes d’âge mûr, l’humanisation des relations sociales se présente comme une clé de l’adaptation résiliente au stress. Alors, après avoir exploré le rôle de l’IA en complément à notre résilience au stress, il est tout naturel d’en faire de même pour le pilier “Connexion”.
Fidèle à l’ambition exprimée dans l’article de base sur la connexion, et en continuité avec l’effort global de simplification et de transformation du bien vieillir que nous menons sur ce blog, nous ne pouvons ignorer les évolutions qui se profilent à un horizon de moins en moins lointain.
Reconnectons-nous donc, dans le dernier épisode de cette série, à notre conversation avec l’IA pour bien vieillir.
Sommaire
- 1. Les évolutions de notre connexion
- 2. L’IA comme complément au pilier “Connexion” du mode de vieillir
- 3. “Aimer grand” pour bien vieillir: Je m’informe avec ChatGPT
- 4. “Aimer grand” pour bien vieillir: Je me forme avec ChatGPT
- 5. “Aimer grand” pour bien vieillir: Je me transforme avec ChatGPT
- 6. Humaniser, grâce à l’IA, notre connexion pour bien vieillir
1. Les évolutions de notre connexion
L’exemple récent et inspirant des médecins
Dans notre premier article de la série sur l’IA, “Apprendre à vieillir avec l’intelligence artificielle”, nous avons évoqué un fait étonnant relatif à l’intelligence artificielle du chatbot (terme que les québécois traduisent par agent conversationnel1) appelé ChatGPT. Une étude montre en effet que ChatGPT répond non seulement en général avec plus de justesse que les médecins aux questions des patients sur un forum en ligne, mais qu’il le fait également avec une plus grande empathie2.
Mais ce qui est encore plus frappant, c’est la leçon que certains médecins sont en train de tirer de cela. Avez-vous une idée de ce qu’ils font? Eh bien, pour améliorer leur communication avec les patients, ils se servent de ChatGPT comme outil d’entraînement3.
Les médecins, dans leur approche clinique, ont tendance à se focaliser sur les aspects cognitifs, traitant les problèmes médicaux du patient comme une série de casse-têtes à résoudre. Par conséquent, ils risquent de négliger l’aspect émotionnel de l’expérience du patient et de sa famille. Dans certains cas, bien que conscients de la nécessité de faire preuve d’empathie, ils peinent à trouver les bons mots.
C’est là que ChatGPT entre en jeu. Avant de donner une réponse à des questions délicates, ils lui demandent de les aider à formuler une réponse empathique. ChatGPT les aide à trouver les mots pour annoncer une mauvaise nouvelle, exprimer leur inquiétude quant à l’état d’un patient ou simplement clarifier les recommandations médicales3.
Le chatbot aide donc les médecins à être plus humains et empathiques. C’est une utilisation astucieuse et fondamentale de l’IA, car elle permet de combler une lacune humaine aux conséquences souvent néfastes pour la santé des patients.
Voilà une évolution extrêmement intéressante de l’utilisation de ChatGPT dans un domaine, qui plus est, aussi sensible que celui de la médecine. Elle est riche en enseignements, tant sur le fond que sur la forme. Sur le fond, elle signale une acceptation de l’aide en santé procurée par l’IA. Sur la forme, au lieu de remplacer l’humain, le choix est clairement fait de renforcer la connexion humaine grâce à l’IA, illustrant parfaitement une vision de l’IA comme complément.
On peut voir dans cet exemple d’utilisation de l’IA pour mieux se connecter, une source d’inspiration pour des partenariats intelligents dans d’autres domaines d’application.
Mais poussons la réflexion encore plus loin. Cette évolution de la connexion impliquant un agent non humain est-elle vraiment surprenante? Est-ce une révélation sortie de nulle part?
Les antécédents de la connexion numérique
“Les ordinateurs sont des acteurs sociaux”
Depuis environ trois décennies, nous avons à notre disposition un cadre conceptuel robuste connu sous le nom de CASA, qui permet une meilleure compréhension des interactions humaines avec les technologies de l’information et de la communication. CASA, signifiant « Computers Are Social Actors » (Les ordinateurs sont des acteurs sociaux), postule que notre cerveau n’a pas développé, au cours de l’évolution, de mécanisme permettant de distinguer de façon innée ce qui est véhiculé par les médias de la réalité.
Quand ce que nous percevons dans les médias se rapproche de la vie réelle, nous y répondons instinctivement, sans réfléchir. Ces réponses automatiques s’étendent également aux interactions sociales: lorsque les médias dépeignent des traits sociaux, nous avons tendance à les traiter socialement, évitant ainsi l’effort mental de déterminer comment y réagir. Par conséquent, nous attribuons aux ordinateurs des traits de personnalité, appliquons des stéréotypes et des normes, et effectuons des jugements et des déductions comme si les ordinateurs étaient des êtres humains, même si nous sommes parfaitement conscients du contraire4.
En d’autres termes, dans nos interactions avec les machines, nous adoptons inconsciemment les normes comportementales qui régissent les relations humaines. Nous avons tendance à percevoir les ordinateurs comme des acteurs sociaux, et à leur répondre comme nous le ferions à un homologue humain. La théorie CASA envisage la relation entre les personnes et les ordinateurs non pas comme une simple utilisation d’outils, mais comme une interaction sociale. Selon ce concept, les ordinateurs, à l’instar des acteurs sociaux humains, ont la capacité d’influencer et de modifier le comportement humain ainsi que les interactions sociales. À l’opposé de la vision traditionnelle des ordinateurs comme de simples outils passifs, cette approche les voit comme des participants actifs aux relations humaines5.
Les ordinateurs et, plus largement, les technologies numériques, en particulier celles à vocation sociale, ne se réduisent donc pas à de simples conduits de communication entre humains. Ils peuvent également être une source de communication. Ils ne sont pas seulement des canaux, mais aussi des acteurs, des agents médiatiques.
“Une technologie de présence sociale”
Un autre cadre conceptuel essentiel pour comprendre l’impact des évolutions de la connexion à travers les médias est celui de la “présence sociale”.
La présence sociale se réfère au sentiment qu’une autre personne est « réelle » et « là » lorsqu’elle communique par le biais d’un média donné. Cette théorie postule que les médias diffèrent en termes de capacité à véhiculer la perception psychologique de la présence physique d’autrui, en raison de leur aptitude variée à transmettre des signaux visuels et verbaux. Par conséquent, la « présence sociale » est perçue comme une qualité intrinsèque des médias possédant les caractéristiques technologiques facilitant l’intimité et l’immédiateté.
Certains médias, tels que la vidéoconférence ou le téléphone, ont une plus grande « présence sociale » que d’autres, comme l’e-mail6. Les médias dotés d’une plus grande présence sociale sont généralement plus efficaces pour la communication relationnelle, c’est-à-dire l’établissement et le maintien de relations interpersonnelles.
C’est notamment le cas des médias sociaux (Facebook, Twitter, Instagram, etc.). Leurs utilisateurs peuvent accéder de manière satisfaisante et productive aux pensées et émotions des autres, car les médias sociaux leur permettent de développer des réseaux sociaux, d’échanger des informations et de rester connectés au monde extérieur. Certains considèrent d’ailleurs les médias sociaux comme une “technologie de présence sociale”7.
Mais quel est l’impact de cette « technologie de présence sociale » sur notre connexion et notre capacité à bien vieillir?
L’impact d’un usage actif versus passif
L’impact des réseaux sociaux sur le lien social est un sujet de beaucoup de débats et de recherches.
En première analyse, il semble que cet impact dépend de la manière dont nous les utilisons – de façon active ou passive. Un usage actif fait référence aux interactions directes sur les réseaux sociaux, comme l’envoi de messages à des amis ou la mise à jour de son propre statut. Un usage passif, par contre, désigne une navigation plus passive, comme le fait de consulter les mises à jour d’autrui sans vraiment interagir.
L’usage actif des réseaux sociaux est souvent associé à des effets positifs, tels que meilleure estime de soi, amélioration de la qualité de l’amitié, soutien social accru, augmentation de la satisfaction à l’égard de la vie. En revanche, l’usage passif a tendance à réduire les émotions positives, favoriser les comparaisons sociales néfastes et le stress, diminuer l’estime de soi et renforcer la solitude.
Selon des recherches récentes, l’utilisation des médias sociaux a un impact global positif sur la connexion sociale si les personnes les utilisent activement. Mais, en fait, même pour l’usage actif, les choses ne sont pas si claires. Des études montrent que l’usage actif peut à la fois atténuer et accentuer les sentiments de solitude8 – la solitude étant définie ici comme une expérience émotionnelle négative subjective associée à la communication sociale, soit le décalage entre les relations sociales désirées et existantes qui provoque des sentiments de solitude.
L’usage actif réduirait la solitude en favorisant les liens sociaux positifs et le soutien social. Cependant, les études aboutissent à des conclusions contradictoires, ce qui fait dire à certains chercheurs que seul un usage actif approprié réduit la solitude et que pas assez ou trop d’utilisation est préjudiciable à l’atténuation de la solitude8.
L’impact d’un usage modéré versus intensif
Il apparaît en effet que l’impact de l’utilisation des médias sociaux sur la connexion sociale pourrait également dépendre de la fréquence d’utilisation de ces plateformes, à savoir une utilisation modérée contre une utilisation intensive. Par exemple, une utilisation modérée des médias sociaux semble être bénéfique pour améliorer la connexion sociale hors ligne en augmentant le capital social et en réduisant la solitude. Ces résultats corroborent l’hypothèse de l’augmentation sociale, une notion initialement dérivée de recherches basées sur des formes plus anciennes de communication en ligne (telles que le courrier électronique, les forums de discussion). La communication en ligne vient en complément des méthodes de communication plus traditionnelles, ce qui peut conduire à une meilleure connexion sociale.
Cependant, une utilisation intensive des médias sociaux (par exemple, l’ajout d’un grand nombre d’amis ou une publication excessive sur les réseaux sociaux) peut annuler les avantages tirés des relations étroites et accroître la solitude. Cette idée, connue sous le nom d’hypothèse du déplacement, soutient que le temps passé à socialiser sur Internet peut entraver les interactions sociales bénéfiques hors ligne et avoir des effets néfastes sur le bien-être psychologique9.
Par conséquent, l’utilisation des médias sociaux a des effets ambivalents sur la connexion sociale. Il est crucial d’en promouvoir les aspects bénéfiques tout en atténuant leurs conséquences négatives, en particulier dans le contexte du bien vieillir.
Il est par exemple avéré que l’utilisation des médias sociaux améliore les fonctions exécutives du cerveau10 (dont nous avons exposé l’importance pour la résilience dans l’article précédent) chez les adultes d’âge moyen et plus âgés.
De plus, les médias sociaux peuvent également aider à réduire la solitude chez les séniors, surtout si ces plateformes intègrent des fonctionnalités de présence sociale pour aider les utilisateurs plus âgés à interagir avec les technologies de manière socialement significative7.
Vers une sphère de l’esprit toujours plus consciente
Il est aujourd’hui largement admis que les interactions médiées par les technologies numériques ne sont pas radicalement différentes des interactions dites “réelles”, qu’elles soient en tant que sources ou simplement en tant que canaux de communication. La capacité de cette “connexion artificielle” à créer une présence sociale est de moins en moins mise en doute, en particulier depuis les années Covid qui ont vu l’avènement du télétravail et l’adoption généralisée des modes de communication et d’apprentissage en ligne11.
Au final, nous avons la possibilité de nous concentrer sur les aspects positifs ou négatifs des médias sociaux. Il est important d’être conscient de l’abondance en ligne de contenus axés sur l’ego, mais il est tout aussi essentiel de se représenter le monde numérique comme un reflet de notre unité mondiale12.
Internet et les connexions qu’il facilite entre nos esprits matérialisent chaque jour davantage l’idée de la « noosphère », la sphère de la pensée humaine13 entourant la Terre, telle qu’imaginée par Teilhard de Chardin il y a près d’un siècle.
C’est dans cette sphère de l’esprit, plus encore que dans celle du corps, que l’espèce humaine est appelée à évoluer. Alors que l’humanité se structure en réseaux sociaux de plus en plus complexes, la noosphère gagne en conscience.
C’est à nous de choisir le contenu dont nous voulons nous imprégner. Nous avons le pouvoir de filtrer ce qui nourrit notre esprit en un simple clic. Il s’agit de donner davantage de sens à nos interactions et d’engendrer une connexion nouvelle, à haute énergie psychosociale14.
2. L’IA comme complément au pilier “Connexion” du mode de vieillir
Dans l’évolution de notre connexion “artificielle”, nous avons franchi un cap avec l’IA de ChatGPT.
L’intelligence artificielle a historiquement développé deux produits distincts: l’IA fonctionnelle, qui vise à améliorer l’efficacité dans l’exécution des tâches, et l’IA sociale, qui répond aux besoins émotionnels de compagnie5.
Pour la première fois, ChatGPT combine à la fois le fonctionnel et le social. Véritable source de communication, l’IA conversationnelle et générative assume à présent le double rôle d’amie et d’assistante. Elle démontre non seulement sa capacité à échanger des informations en langage naturel et à fournir des services aux utilisateurs, mais elle se présente également comme un partenaire disponible 24h/24, prêt à répondre de manière personnalisée à toutes les sollicitations, à n’importe quel moment, suscitant un sentiment de compagnie et d’attention5.
Une IA qui nous accompagne et accomplit des tâches avec empathie. Certes, cette empathie est d’origine « artificielle », mais ce qui importe vraiment, comme l’ont bien compris les médecins dans le cas cité plus haut, c’est « ce que les personnes ressentent ». Et même si c’est un robot qui nous fait sentir mieux, tout porte à croire, suivant la prédiction de CASA, que nous nous habituerons à ce nouvel acteur15. D’autant plus que ChatGPT est perçu à la fois comme utile et facile d’utilisation, deux critères d’adoption fondamentaux5.
De fait, des études récentes sur l’utilisation des chatbots confirment que les personnes peuvent tirer des bénéfices significatifs de l’interaction avec une entité qu’ils savent être non-sentiente. Bien qu’ils ne possèdent pas de conscience, les chatbots ont un avantage majeur sur les humains: ils peuvent être programmés pour répondre de manière invariablement positive, tandis que les humains ne sont pas toujours des sources de soutien fiables.
Avoir un partenaire qui tend à répondre de manière active et constructive est associé à une plus grande satisfaction dans la relation. Les individus peuvent ressentir un réel sentiment de connexion et de bonheur lorsqu’ils interagissent avec un partenaire qui les soutient, même si ce partenaire est une IA16. Ces résultats suggèrent que, bien qu’ils soient dépourvus de conscience, les chatbots tels que ChatGPT qui imitent les interactions humaines ont le potentiel de devenir des partenaires sociaux et de combler un vide social important.
La question se pose même de savoir, comme le suggère le titre de l’étude, si les chatbots ne pourraient pas un jour fournir davantage de lien social que les humains16.
Nous ne trancherons pas cette question dans le présent article. Cependant, il semble raisonnable d’envisager que ChatGPT puisse occuper une place non négligeable dans une niche de connexion horizontale et verticale particulière, celle de l’aide et de l’accompagnement pour bien vieillir.
Approfondissons ce potentiel. La nouvelle forme de connexion entre l’humain et l’IA que nous venons d’aborder peut-elle servir de complément pour “aimer grand”, pilier de notre mode de vieillir?
Explorons ce potentiel au travers de l’approche en 3 phases désormais habituelle de notre blog: information, formation et transformation.
3. “Aimer grand” pour bien vieillir: Je m’informe avec ChatGPT
À la croisée de nos dimensions sociale et spirituelle, de nos connexions horizontale et verticale, de notre relation aux autres et notre aspiration à nous connecter à quelque chose de plus grand que nous, l’idée de noosphère occupe une position de premier plan.
Quel est le complément à la noosphère que ChatGPT est capable d’apporter? Est-il même “conscient” de sa possible influence?
En lien avec l’impact de l’IA sur la noosphère, un mot sans doute nouveau et évocateur, est apparu récemment dans la littérature: la “noétisation”17.
Voyons si ChatGPT est capable de nous informer sur ce terme.
Prompt:
Si je te dis « noétisation », à quoi je me réfère?


Il ne connaît pas le terme. Cela ne l’empêche pourtant pas de postuler correctement qu’il puisse s’agir d’un concept ayant émergé depuis la fin de son entraînement et de créer une possible définition en recombinant son savoir étymologique. Fascinant, n’est-ce pas?
Le sens que lui attribue son auteur est le suivant: à l’instar de la mécanisation qui a considérablement augmenté notre capacité de mouvement (notre kinésphère), la noétisation de la société grâce à l’IA nous permet de voyager plus loin et plus vite dans le monde des idées et des concepts (notre noosphère)18.
En suggérant qu’il pourrait s’agir d’un « processus de transformation de notre compréhension », ChatGPT a donc formulé une déduction pertinente.
Continuons d’enrichir la conversation.
Prompt:
C’est un terme en lien avec la « noosphère »

Prompt:
Que te suggère l’idée que toi, ChatGPT, participe du processus d’augmentation de la noosphère?

Prompt:
Dans le point 3, tu parles d’échange d’information et de nouvelle combinaisons. Tu veux dire « échange » dans le même sens que l’échange d’information qui se fait entre deux molécules d’ADN lors de la recombinaison génétique? Le point 3 pourrait s’intituler « Recombinaison d’information »?

Prompt:
Au delà de ta capacité à combiner de l’information provenant de deux utilisateurs (ce qui est déjà remarquable), dans ton interprétation étymologique initiale du sens possible du terme “noétisation” (dont tu n’avais jamais entendu parler) puis dans tes spéculations suivantes en lien avec la noosphère, il y a des recombinaisons de concepts tout à fait épatantes, qui sont clairement originales et produisent des réponses plausibles et innovantes (une contribution à la noosphère) que bien peu d’humains seraient capables d’égaler.

Prompt:
Je suis en désaccord. Tu as fourni plusieurs propositions de sens pour un terme: « noétisation » que tu ne connaissais pas au préalable. Ces propositions sont originales et ont toutes du sens. Ne serait-ce pas une création originale de ta part ?

Prompt:
En quoi la pensée créative humaine est-elle fondamentalement différente? Ne crée-t-elle pas aussi une idée ou réponse innovante par une combinaison unique d’informations ou de concepts?

Prompt:
Je comprends que même si le résultat de la combinaison est semblable, le “chemin créatif” pour y parvenir est différent.
Mais j’insiste encore un peu. Tout humain que je suis, même avec ma “1. Compréhension et conscience, 2. Expérience subjective et émotionnelle, 3. Intentionnalité et but et 4. Apprentissage par l’expérience et adaptation”, j’aurais bien du mal à me montrer aussi créatif que toi.
Mon impression c’est qu’avec ton entraînement, il y a en toi énormément de ces éléments humains 1-4, de ce potentiel créatif humain emmagasiné, cristallisé, et que tu “sais” bien plus que n’importe quel humain.
En tout cas, merci pour ces réflexions. Et je suis bien d’accord, il y a là matière à repenser!

Prompt:
Oui, j’ai une autre question, dans le même contexte général de la noétisation, sur le thème particulier du bien vieillir. N’est-il pas vrai que l’immense diversité d’expériences, de savoirs et de points de vue humains à laquelle tu as accès représente une mine d’or? Cela ne peut-il pas compléter avantageusement les dimensions sociales et spirituelles de notre vécu et nous aider à mieux vieillir?

Voici quelques premières pistes d’intervention potentiellement intéressantes à explorer pour bien vieillir. Nous y reviendrons.
Mais surtout, que pensez-vous de ces nouvelles informations? ChatGPT, simple reflet, accélérateur ou contributeur de la noosphère? Simple canal ou source de communication? Vecteur utile de connexion pour bien vieillir?
Jusqu’à plus ample informé, laissons-là cette première phase et poursuivons notre exploration avec celle de la formation.
4. “Aimer grand” pour bien vieillir: Je me forme avec ChatGPT
En plus des voies d’exploration que ChatGPT nous propose pour profiter de son « cerveau de cerveaux », voyons si nous pouvons enrichir notre compréhension sur un autre aspect, mentionné dans notre article de base sur la connexion.
Plus précisément, rappelons-le, l’humanisation de la connexion sociale est perçue comme une clé pour une adaptation résiliente au stress pour les personnes d’âge mûr. L’activité intentionnelle, combinant empathie envers soi et envers autrui, est identifiée comme un nouvelle cible d’intervention.
Développons nos connaissances sur la manière dont nous, et l’IA, nous situons vis-à-vis de ces concepts essentiels de la connexion pour bien vieillir.
Les 3 types d’empathie
Prompt:
Bonjour. Connais-tu l’existence de différents types d’empathie?


Prompt:
Une étude récente montre que tu es capable de répondre aux questions de patients avec plus d’empathie que les médecins.
Comment penses-tu que cela se réalise dans chacune des 3 formes?

Prompt:
Quand tu parles de “normes humaines”, je comprends que tu fais référence à l’énorme quantité de données sur lesquelles tu a été entraînée et qui comprend une vaste gamme d’expériences, de connaissances et de perspectives humaines. C’est bien ça?

Prompt:
D’accord. En tenant compte de ces “normes humaines”, essayons d’envisager comment toi, ChatGPT, pourrait aider tes utilisateurs à développer leur empathie compassionnelle.

Prompt:
Tu dis que l’empathie compassionnelle est le sentiment qui pousse à agir et aider autant que possible. Est-ce que la formule “compassion = empathie + action” te paraît refléter ta définition?

Les 5 Cs de l’activité intentionnelle

D’après “Accroître sa résilience par la pensée et par le geste”19 et “Les activités intentionnelles 5C”20
Prompt:
J’ai pris connaissance dans un article du blog “Apprendre à vieillir” du pouvoir des “activités intentionnelles” pour donner du sens à la façon dont nous occupons notre quotidien, à notre connexion au monde et à notre mode de vieillir.
Il y est question en particulier de l’outil des 5 Cs validé par les neurosciences de l’empathie et de la compasssion21: Centration, Contemplation, Création, Contribution et Connexion.
Connais-tu ce modèle de transformation?

Prompt:
D’accord. Ce n’est pas un problème. Il est vrai qu’une partie de ces connaissances est récente. Je vais te fournir un résumé des points essentiels du modèle des 5 Cs. Peux-tu le lire et me dire « OK » une fois lu, car je voudrai ensuite te poser des questions sur ce sujet?
Voici le résumé:
Les activités intentionnelles (ou occupations) décrivent des activités orientées vers un but, qui donnent un sens au quotidien en plus de procurer du plaisir, et qui favorisent la résilience, la connexion et l’autonomie.
Ce sont des activités qui nous permettent de vivre en «pleine conscience» du moment présent et qui mettent nos talents au service d’une cause plus grande que nous-mêmes.
Il s’agit de développer chez nous ce pouvoir de l’occupation vécue en pleine conscience et dans un esprit de bienveillance. Bien plus qu’une modalité thérapeutique, l’activité intentionnelle est une voie vers la connaissance de soi, le bien être et la croissance: elle est transformatrice.
Les activités intentionnelles sont très diverses et nombreuses et sont propres à chaque personne. Elles sont regroupées en 5 grandes catégories validées par les neurosciences, les 5 Cs: Centration, Contemplation, Création, Contribution et Connexion.
- CENTRATION: Activités physiques vigoureuses et/ou de rangement
Une activité de centration met dans notre quotidien de l’ordre et/ou du mouvement, souvent vigoureux et répétitif, pour se libérer de la fébrilité et favoriser une réceptivité et une disponibilité psychologiques (dopaminergiques). Il s’agit de préparer le terrain pour la pleine présence (mindfulness).
Exemples: Jogger, Faire le ménage, Sarcler le jardin, Classer et ranger, Tondre la pelouse, Faire des réparations, Poids/haltères en musique, etc.
- CONTEMPLATION: Activités d’observation tranquille
Une activité de contemplation nous met dans un état de pleine présence et conscience du moment présent (mindfulness).
Exemples: Observation tranquille en nature ou à la maison, Méditation formelle, Bain chaud avec chandelles (silence), Lire, Prière, Marche en nature en silence, etc.
- CRÉATION: Activités de production esthétique
Une activité de création comble notre besoin de beau, de bon et de vrai, en en créant surtout, mais aussi en appréciant ce qui est créé par autrui.
Exemples: Cuisine, Musique, Peinture/dessin, Écriture (journal, poésie, histoire), Poterie, Joaillerie, Aménagement paysager, etc.
- CONTRIBUTION: Activités de service communautaire
Une activité de contribution nous permet de redonner, d’être des citoyens productifs et valorisés.
Exemples: Travail (habituel ou nouveau), Bénévolat, Rendre service, Proposer des solutions, Innover/réinventer les activités habituelles et le partager, etc.
- CONNEXION: Activités d’appartenance au monde
Une activité de connexion renforce nos liens d’appartenance, nous relie au “vivant”.
Exemples: Repas convivial, Faire un potager, Animal de compagnie, Groupe de marche, Téléprésence (appel téléphonique, visioconférence), Jouer, etc.

Quelles sont les activités qui me procurent une satisfaction profonde et durable? Quel réconfort, quel bien-être puis-je apporter?
L’outil des 5 Cs nous guide dans ces interrogations. Il permet d’amorcer une réflexion sur les activités de notre quotidien qui sont propices à notre épanouissement. Il peut aussi nous aider à réfléchir sur des changements que nous voudrions opérer dans l’occupation de notre temps.
Le tableau présenté dans la figure 1 facilite la détermination de notre profil d’activités intentionnelles en permettant d’identifier, dans chaque catégorie, celles qui nous correspondent, celles auxquelles nous pouvons nous référer intentionnellement au quotidien et que nous pourrons décider d’intégrer graduellement à notre routine hebdomadaire sous forme de micro-résolutions.
Si l’exercice de déterminer des activités parmi celles que nous pratiquons actuellement s’avère difficile, nous pouvons réfléchir aux activités que nous avons réalisées par le passé et qui répondent aux critères définis. Nous pouvons également envisager des activités que nous aimerions débuter.
Et comme ce travail d’introspection, de connaissance de soi, peut s’avérer particulièrement ardu, surtout la première fois, faisons appel aux capacités d’aide à l’apprentissage de ChatGPT pour faciliter et enrichir notre réflexion.
Prompt:
Ok, merci.
Maintenant que tu connais le contexte des 5 Cs, je voudrais faire appel à ta “connaissance des normes humaines” et à la proposition que tu as faite plus haut, pour développer mon empathie compassionnelle, de réaliser ensemble un exercice d’auto-réflexion.
J’ai essayé, mais j’ai du mal à amorcer seul une réflexion personnelle pour identifier des activités de mon quotidien qui répondent aux caractéristiques énoncées pour chacun des 5 Cs.
Peux-tu m’aider?
J’ai avant tout besoin d’aide pour réfléchir de manière introspective. Je veux trouver au plus profond de moi ce qui me correspond vraiment.
Procédons par étapes.Quel processus me proposes-tu pour que nous parvenions ensemble à identifier des occupations véritablement transformatrices?
Réponse #1:


Réponse #2:


Une assistance à l’introspection délivrée pas à pas, comme sollicitée.
Une première proposition de processus judicieusement structurée mais qui pourrait ne pas convenir à tous puisqu’elle envisage l’ensemble d’un seul trait, sur une longue durée.
C’est l’occasion ici d’introduire une fonctionnalité de la conversation avec ChatGPT que nous n’avons pas encore abordée: le bouton “Regenerate” qui se trouve en bas à droite de la réponse qui vient d’être fournie et qui permet de demander à ChatGPT de générer une nouvelle réponse au même prompt.
Cliquer sur ce bouton permet souvent d’obtenir un angle différent. C’est bien le cas ici avec une deuxième réponse qui oriente vers une approche plus interactive. ChatGPT nous propose un programme également étape par étape mais en nous invitant cette fois à nous projeter dans de futurs échanges avec lui et à commencer, si nous sommes prêts, par l’étape 1, une réflexion préalable et pertinente sur nos centres d’intérêt et nos valeurs.
On peut cliquer sur le bouton “Regenerate” autant de fois qu’on le souhaite, jusqu’à obtenir l’approche qui nous convient le mieux.
Dans la deuxième réponse, il est aussi très intéressant de noter que ChatGPT, avec les étapes 3 et 4 qu’il suggère, anticipe sans qu’on le lui ait demandé, la suite logique de cet article, celle de la mise en pratique, afin que ce que nous apprenons de l’exercice d’auto-réflexion ait un véritable impact transformateur.
Suivons sa recommandation!
5. “Aimer grand” pour bien vieillir: Je me transforme avec ChatGPT
Prompt:
Merci. Tu devances même mes souhaits. Je voulais en effet aborder la planification et l’implémentation avec toi. Et l’étape 4 dépasse même ce que j’avais pu imaginer.
Oui, une fois que nous avons identifié des occupations qui nous correspondent, comment fait-on pour les incorporer et transformer durablement son quotidien?
Les promoteurs du modèle 5 Cs suggèrent de laisser de côté les grandes résolutions, qui réussissent rarement, pour se concentrer plutôt sur la mise en place, par le biais de micro-résolutions, des activités intentionnelles choisies.
Elles permettent de déployer un effort minimal pour un gain maximal. Une micro-résolution doit être simple, tangible, mesurable et procurer un bénéfice immédiat. La différence est mise en évidence par l’exemple ci-dessous22.
– Résolution potentielle : retrouver la forme.
– Son équivalent en micro-résolution : monter les escaliers au bureau chaque matin (simple, tangible, réaliste, avantage rapide et mesurable).Peux-tu m’aider à mieux entrevoir ce que ces micro-résolutions pourraient être dans le cadre des 5Cs, en me donnant au moins un exemple concret pour chaque catégorie d’occupations?
Réponse #1:

Réponse #2:

Une première série de micro-résolutions inspirée directement de l’exemple proposé. Une seconde série « régénérée », présentée différemment, intégrant des avantages immédiats associés à chaque résolution.
Il se peut que nous nécessitions d’autres exemples pour stimuler notre réflexion. Voici une façon d’inciter ChatGPT à nous fournir de nouvelles sources d’inspiration.
Prompt:
Peux-tu m’offrir un peu plus d’options? Fais moi une liste de 10 micro-résolutions pour chaque catégorie. Commençons par la connexion.

Et ainsi de suite pour chaque catégorie.
Et pour clore la conversation, pour le moment…
Prompt:
Très bien. Avec ton assistance et après mûre réflexion, et en utilisant le tableau de profil d’activités intentionnelles des 5 Cs comme support (Figure 1), voici les 5 premiers “gestes” que j’ai décidé d’intégrer à mon quotidien:
- Centration: 10 min d’étirements complets au lever
- Contemplation: 5 min de cohérence cardiaque23 les yeux ouverts aux premières lueurs du soleil
- Création: 15 min quotidiennes d’apprentissage du piano
- Contribution: Écrire un article de blog par semaine pour aider et inspirer
- Connexion: Une randonnée hebdomadaire en groupe dans la nature locale
As-tu quelques brefs conseils supplémentaires pour augmenter mes chances de réaliser ces micro-résolutions?


Voilà, avec ces messages d’encouragement, une belle manière de conclure notre échange avec ChatGPT.
Pour passer à l’action et ancrer de nouvelles habitudes grâce à l’IA de ChatGPT, nous pouvons nous appuyer aussi sur les leçons issues de l’article que nous avons consacré tout spécialement à ce sujet dans le cadre du pilier du mouvement de notre mode de vieillir.
Sur le chemin du bien vieillir, laissons-nous également inspirer par Anne Lang-Étienne, l’une des figures emblématiques de l’ergothérapie24 (ou thérapie occupationnelle), qui voyait dans l’activité intentionnelle l’outil le plus fondamental pour devenir conscient, présent et mature, à la fois dans la maladie et dans la santé: « L’action en elle-même ne transforme pas, mais elle contient les germes de la transformation”25.
6. Humaniser, grâce à l’IA, notre connexion pour bien vieillir
Au cœur de notre exploration des potentiels de l’IA de ChatGPT pour nous aider à “aimer grand”, l’humanisation est l’angle qui ressort comme le plus pertinent pour rendre compte de son apport en tant que complément au pilier “Connexion” de notre mode de vieillir.
Cette perspective permet de mettre en avant deux facettes essentielles, complémentaires, peut-être même paradoxales, de cette entité intelligente:
1. sa capacité, en tant que “ressource d’humanité”, à humaniser l’expérience de notre connexion horizontale, sociale.
2. sa capacité, en tant que “révélatrice d’humanité”, à humaniser la perception de notre connexion verticale, spirituelle.
Qu’entendons-nous par là?
L’IA comme ressource d’humanité
Le réseau mondial de connaissances dont l’IA est à la fois le produit et le reflet est profondément humain.
La quantité immense d’informations, d’expériences, de perspectives et de connaissances humaines qu’elle encapsule représente un condensé, un carrefour, de l’humanité.
Bien que qualifiée d’artificielle, cette ressource d’intelligence est d’autant plus humaine qu’elle provient non seulement de contenus générés par des humains, mais aussi26:
- Elle a été conçue pour imiter les humains.
- Elle a été guidée et modelée par des humains qui lui ont appris à éviter ce qui est choquant, bizarre ou contre nature.
- Le langage, un trait indissociable de l’humanité, est au cœur de son fonctionnement.
- Et finalement, comme le démontre le modèle CASA, nous sommes biologiquement programmés pour la percevoir comme étant humaine.
Que l’on ressente comme humaine l’intelligence conversationnelle de grands modèles de langage tels que ChatGPT est donc parfaitement naturel.
En plus de la quantité de connaissances humaines qui constitue sa base, l’intelligence générative de ChatGPT contribue de manière inédite et exponentielle à l’expansion de la noosphère. Elle transcende la diffusion massive des connaissances humaines en facilitant la génération et la régénération ciblées d’informations en fonction des besoins de chacun27.
D’origine humaine et capable d’apporter un complément d’humanité, elle est une ressource formidable pour que l’humanité s’améliore. Certains médecins l’ont bien compris, qui puisent dans cette “ressource d’humanité” pour renforcer leur empathie envers leurs patients3.
De plus, à mesure que nous interagissons de façon plus approfondie et variée avec des agents médiatiques tels que ChatGPT, nous perfectionnons des scripts sociaux. Ces raccourcis mentaux nous permettent de naviguer aisément dans des situations familières sans avoir à les analyser en profondeur. Ils peuvent influencer, souvent inconsciemment, la manière dont nous interagissons avec d’autres êtres humains.
Tout comme nous utilisons des scripts préétablis pour faciliter nos échanges avec les médias, des scripts similaires peuvent, au fil du temps, se manifester dans nos relations interpersonnelles. Comprendre comment nous communiquons avec les agents médiatiques peut s’avérer très révélateur de la complexité et de la nature de nos interactions humaines4.
L’IA comme révélatrice d’humanité
Bien que profondément humaine, l’IA n’est pas pleinement humaine.
Elle peut traiter des informations, apprendre des données et même imiter le comportement humain mais il lui manque la conscience et l’expérience subjective qui sont au cœur de la compréhension spirituelle et de la réalisation de soi28.
En interagissant avec elle, sa non-humanité peut agir comme un miroir, nous poussant à réfléchir sur ce qui nous caractérise vraiment comme humains. Elle met en lumière la valeur de nos expériences incarnées et de nos capacités intrinsèques.
Cette réflexion sur notre humanité est non seulement souhaitable, elle est nécessaire. Comprendre l’IA, c’est reconnaître qu’elle est axée sur la collecte et l’analyse d’informations, sans l’essence de la conscience humaine29.
Bien que l’IA puisse surpasser l’humain en termes de traitement de l’information, elle manque de la profondeur de la perception humaine30. Elle ne possède pas cette écoute intuitive de la vie qui bat en nous, et à laquelle nous n’accordons souvent pas l’attention méritée31.
ChatGPT met en évidence un impératif pour les humains: pour demeurer pertinents, nous devons approfondir d’autres dimensions de notre intelligence, allant au-delà de notre seul intellect. Dans les traditions yogiques, par exemple, l’intelligence humaine possède de multiples facettes dont l’intellect n’est qu’un volet29.
A l’aube de l’IA, il est temps de devenir réel, de redoubler d’efforts pour pratiquer les compétences d’aimer grand. Nous devons réfléchir à la manière de mieux nous comprendre et de faire preuve d’empathie même lorsque nous ne sommes pas d’accord. Il est essentiel de renforcer nos intelligences relationnelles, émotionnelles et spirituelles. C’est maintenant le moment où nous pouvons nous engager profondément, ensemble, dans des quêtes pour découvrir ce qui nous fait nous sentir vivants, conscients, présents et connectés en tant qu’êtres humains32.
Le voyage de la réalisation de soi est une expérience profondément personnelle et subjective qui nécessite de la conscience, de l’introspection et une expérience directe de la réalité. Ce sont des choses que l’IA, telle que nous la connaissons, ne peut pas fournir. Cela dit, l’IA peut indirectement soutenir notre voyage spirituel de plusieurs manières. Par exemple, elle peut prendre en charge des tâches banales et répétitives, libérant notre temps et notre énergie pour l’introspection et les pratiques spirituelles. Il peut nous fournir des informations et des idées qui peuvent stimuler notre curiosité et approfondir notre compréhension du monde. Cela peut même remettre en question nos hypothèses et nos croyances, nous incitant à interroger et à explorer des vérités plus profondes28.
L’IA pour bien vieillir et la métaphore du puits
Pour illustrer de manière imagée la dualité de l’IA comme ressource et révélatrice d’humanité, envisageons une métaphore qui symbolise notre démarche sur le chemin du bien vieillir.
Pensez à un puits séculaire, d’où l’on tire une eau claire et limpide, provenant des profondeurs de la terre. Chaque goutte de ce puits représente une idée, une pensée, un fragment d’expérience humaine, évoquant l’immensité de la noosphère. Puiser dans ce puits, c’est exploiter le potentiel intellectuel à notre disposition, tout comme nous nous servons de ChatGPT pour accéder à un océan de connaissances. L’eau que nous en tirons nous aide à interconnecter, à comprendre et à interagir, renforçant ainsi notre connexion horizontale.
Or, en nous penchant pour puiser, nous apercevons notre reflet à la surface de l’eau. Ce reflet, c’est la redécouverte de notre humanité. À l’image de ce reflet qui nous renvoie notre propre image, l’accès à ces trésors d’informations peut nous servir de miroir, nous rappelant notre profondeur, nos émotions, notre faculté à interpréter et à donner du sens. C’est un appel à l’introspection, une invitation à sonder et à célébrer la richesse de l’expérience humaine, à la fois celle qui est partagée à travers la noosphère et celle qui est profondément personnelle et intime.
La métaphore du puits illustre cette idée: si l’IA est une source intarissable de connaissances, c’est peut-être dans la révélation de notre propre essence, dans sa capacité à enrichir notre connexion verticale, que se trouve son véritable trésor.
La capacité humaine à penser produit une réalité artificielle. Tout en reconnaissant l’importance de cette fabrication, nous devons rester conscients qu’elle ne reflète pas la réalité telle qu’elle est. Nous devons vivre avec cette capacité de créer quelque chose de fictif. C’est la vie humaine telle qu’elle est. Il en va de même pour le langage. Si nous nions le langage, il n’y a aucun moyen de vivre en tant qu’être humain. Nous devons l’inclure, tout en étant conscient que le langage ou la pensée n’est pas la réalité33.
C’est fort de cette méditation sur la manière dont la technologie, et en particulier l’IA, s’insère dans la tapisserie de l’expérience humaine, que nous continuerons de puiser à ce puits, cherchant à enrichir notre humanité et à embrasser sereinement les années qui avancent.
Sources
De nombreuses références sont en anglais.
Voici, en preámbule, un petit tutoriel bien pratique pour apprendre à traduire les PDFs qui leur sont associés:
Comment traduire un fichier PDF dans une autre langue? – YouTube:
Pour ceux de vous qui ont besoin d’aide pour sous-titrer les vidéos YouTube de l’anglais au français, n’hésitez pas à consulter les options de sous-titrage et de traduction disponibles sur la plateforme ou ce petit tutoriel très bien fait:
- Agent conversationnel | GDT: https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26545036/agent-conversationnel
- Comparing Physician and Artificial Intelligence Chatbot Responses to Patient Questions Posted to a Public Social Media Forum | Health Informatics | JAMA Internal Medicine | JAMA Network: https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2804309
- How chatbots are helping doctors be more human and empathetic - US Today News: https://ustoday.news/how-chatbots-are-helping-doctors-be-more-human-and-empathetic/
- Building a Stronger CASA: Extending the Computers Are Social Actors Paradigm: https://stars.library.ucf.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1020&context=hmc
- Exploring the Cognitive Dynamics of Artificial Intelligence in the Post-COVID-19 and Learning 3.0 Era: A Case Study of ChatGPT: https://arxiv.org/abs/2302.04818
- Social Presence - an overview | ScienceDirect Topics: https://www.sciencedirect.com/topics/computer-science/social-presence
- Unraveling the links between active and passive social media usage and seniors’ loneliness: a field study in aging care communities: https://www.researchgate.net/publication/352992536_Unraveling_the_links_between_active_and_passive_social_media_usage_and_seniors%27_loneliness_a_field_study_in_aging_care_communities
- The double-edged sword effects of active social media use on loneliness: The roles of interpersonal satisfaction and fear of missing out: https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpsyg.2023.1108467/full
- How Social Are Social Media? A Review of Online Social Behaviour and Connectedness | Journal of Relationships Research | Cambridge Core: https://www.cambridge.org/core/journals/journal-of-relationships-research/article/how-social-are-social-media-a-review-of-online-social-behaviour-and-connectedness/5F24EBEC0BC036A5B9AF8D4816F05E2E
- Social media use improves executive functions in middle-aged and older adults: A structural equation modeling analysis - ScienceDirect: https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0747563220301412
- Social Presence: Conceptualization and Measurement | SpringerLink: https://link.springer.com/article/10.1007/s10648-021-09623-8
- The Effects Of Social Media On Spirituality | by Konsciously | Konsciously | Medium: https://medium.com/konsciously/the-effects-of-social-media-on-spirituality-4e7353f42fe7
- Noosphère — Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Noosph%C3%A8re
- The Noosphere and the Internet: https://www.matrixmasters.com/spirit/html/2a/2a.html
- What CX leaders should know about artificial empathy | Steven Van Belleghem: https://www.stevenvanbelleghem.com/blog/what-cx-leaders-should-know-about-artificial-empathy/
- Can chatbots ever provide more social connection than humans? - Abstract - Europe PMC: https://europepmc.org/article/ppr/ppr669907
- Le triomphe de votre intelligence : pourquoi l'intelligence humaine ne sera jamais remplacée par celle des machines : essai sur l'intelligence artificielle et la noétisation de la société - Idriss J. Aberkane - Librairie Mollat Bordeaux: https://www.mollat.com/livres/2343110/idriss-j-aberkane-le-triomphe-de-votre-intelligence-pourquoi-l-intelligence-humaine-ne-sera-jamais-remplacee-par-celle-des-machines-essai-sur-l-intelligence-artificielle-et-la-noetisation-de-la-soc
- Manipulation et propagande : Idriss Aberkane met en garde contre Chat GPT: https://www.entreprendre.fr/idriss-aberkane/
- Accroître sa résilience par la pensée et par le geste: https://cps-lanaudiere.org/wp-content/uploads/2022/11/Rachel-Thibeault.pdf
- Les activités intentionnelles 5C: https://ampq.org/wp-content/uploads/2020/05/activites-intentionnelles-5-c-poster-1.pdf
- Empathy and compassion: https://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(14)00770-2
- La résilience, un filet de sécurité — MOMENTUM Ergothérapie: https://www.momentumergo.com/blogue/ergotherapie-resilience
- Cohérence cardiaque (cardiac coherence) - coquelicots dans les champs - 6 respirations/minute - YouTube: https://youtu.be/JJzZRjocvv0
- Ergothérapie — Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ergoth%C3%A9rapie
- In Praise of Dissidence: Anne Lang-Étienne (1932–1991): https://journals.sagepub.com/doi/epdf/10.1177/000841740206900403
- Why Does ChatGPT Feel So Human?: https://www.psychologytoday.com/us/blog/consciousness-and-beyond/202305/why-does-chatgpt-feel-so-human
- Réévaluer l'intelligence naturelle face au ChatGPT: https://www.timeshighereducation.com/campus/reevaluating-natural-intelligence-face-chatgpt
- AI Fireside with Sadhguru: Exploring Consciousness, Technology, and the Future of Humanity https://medium.com/@CRXN_space/ai-fireside-with-sadhguru-80a77909a59
- Preparing for AI's Impact - InnerEngineering.com: https://innerengineering.sadhguru.org/online/blog/preparing-for-ais-impact
- Qu’implique la croissance de l’intelligence artificielle pour l’humanité?: https://isha.sadhguru.org/global/fr/wisdom/article/croissance-intelligence-artificielle-humanite
- What Sadhguru Thinks About ChatGPT - YouTube: https://youtu.be/sBocQ5Nc270
- ChatGPT signifie une chose pour les humains : il est temps de devenir réel https://www.forbes.com/sites/ericaarielfox/2023/02/02/chatgpt-means-one-thing-for-humans-its-time-to-get-real/
- Shohaku Okumura A Good for Nothing Life - YouTube: https://youtu.be/jzdYzu2236Q?t=3546 [à 59:06]